Douala : D'une querelle sentimentale à une affaire d'armes, une comptable clame son innocence

À Bonamoussadi, 5 ème arrondissement de Douala la capitale économique du Cameroun, une histoire de couple a pris une tournure inattendue. Partie d'une scène d...

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by Caroline Bassomo3 min read
Douala : D'une querelle sentimentale à une affaire d'armes, une comptable clame son innocence

À Bonamoussadi, 5 ème  arrondissement de Douala la capitale économique du Cameroun, une histoire de couple a pris une tournure inattendue.

Partie d'une scène de jalousie, l'affaire place aujourd'hui une comptable de 40 ans, mariée mais en séparation de corps, au centre d'une procédure judiciaire impliquant la découverte d'armes présentées comme liées au conflit dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest. Elle conteste tout lien avec ces armes et avec un quelconque groupe armé.

À 40 ans, Charlie Mandise Guezebaze menait à Bonamoussadi, dans l'arrondissement de Douala 5e, une existence jusque-là sans histoire. Comptable de profession, mariée mais en séparation de corps, elle vivait seule et travaillait depuis plusieurs années. Son quotidien va prendre une tout autre tournure après sa rencontre, en septembre 2025, avec un homme avec lequel elle entame une relation sentimentale. Celui-ci se rend régulièrement à son domicile.

Le 21 juin dernier, Charlie Mandise quitte le Cameroun pour un déplacement professionnel en Belgique. Avant son départ, elle confie les clés de son logement à un collègue de confiance, chargé de passer régulièrement sur place pour surveiller la maison durant son absence. Une précaution qui s'explique notamment par la situation du logement, situé dans un secteur régulièrement exposé aux inondations. Le domicile contient ses effets personnels, mais aussi ses diplômes et plusieurs documents administratifs auxquels elle accorde une importance particulière.

C'est dans ce contexte que survient le 3 juillet. Alors que Charlie Mandise se trouve toujours en Belgique, son compagnon se présente à son domicile. Il y retrouve le collègue à qui les clés ont été confiées. Cette présence aurait suscité ses soupçons. Selon l'entourage de la comptable, persuadé d'avoir découvert une liaison, l'homme aurait agressé physiquement le collègue avant de le menacer et de quitter les lieux.

Trois jours plus tard, le 6 juillet, le domicile de Charlie Mandise fait l'objet d'une perquisition. Des armes à feu y auraient été découvertes par les forces de l'ordre. À partir de cet instant, le dossier change complètement de nature. Selon les éléments rapportés à la famille, un rapprochement aurait alors été établi entre les armes découvertes et des groupes armés actifs dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, où un conflit oppose depuis fin 2016 les forces de défense et de sécurité camerounaises à des groupes séparatistes.

Une accusation que la comptable rejette

Dans la famille de Charlie Mandise, cette succession d'événements suscite de nombreuses interrogations. Les proches estiment que la scène survenue le 3 juillet pourrait avoir joué un rôle dans la suite de la procédure. Ils soupçonnent notamment l'ancien compagnon d'avoir exploité l'épisode de jalousie pour lui porter un coup dont les conséquences dépassent désormais largement le cadre de leur relation.

Cette lecture reste toutefois, à ce stade, une hypothèse familiale, même si ce dernier aurait juré de "montrer" à Charlie Mandise et sa famille que "c'est nous qui possédons le pays". C'est en tout cas cette menace qui amène ses proches à diriger les soupçons vers l'amant éconduit. La famille n'exclut pas non plus que cette machination puisse venir du mari avec lequel elle est en séparation de corps.

Le 9 juillet, un mandat d'arrêt est délivré contre Charlie Mandise Guezebaze. Recherchée dans le cadre de cette affaire, la comptable conteste catégoriquement les accusations portées contre elle. Elle nie tout lien avec les armes découvertes dans son domicile ainsi qu'avec un quelconque groupe armé.

Chez ses proches, l'incompréhension demeure entière. "Notre fille est une comptable qui a un travail connu. Comment aurait-elle pu faire cela ?", s'interrogent-ils. Pour eux, la scène de jalousie survenue quelques jours avant la perquisition ne peut être totalement dissociée de la tournure prise par l'affaire.

Une proche affirme que Charlie Mandise vit désormais dans la crainte d'une interpellation et des conséquences susceptibles de découler des accusations formulées contre elle. Son entourage redoute surtout que la présence des armes dans le logement conduise à l'associer à des activités de groupes armés, alors qu'elle affirme n'entretenir aucun rapport avec ces organisations.

Reste désormais une série de questions auxquelles les éléments disponibles ne permettent pas encore d'apporter de réponse définitive. Dans quelles circonstances précises les armes ont-elles été découvertes ? Qui les avait introduites dans le logement ? Sur quels éléments leur éventuel rapprochement avec les groupes armés du Nord-Ouest et du Sud-Ouest repose-t-il ? Et quel rôle, s'il en a effectivement joué un, le compagnon de Charlie Mandise Guezebaze aurait-il eu dans le déclenchement de cette procédure ?

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