Nalova Lyonga au collège De La Salle : que s'est-il passé ?

Une semaine après le décès d'Ozanne Moukoko, Nalova Lyonga s'est rendue au collège De La Salle à Douala. L'enquête continue. La ministre des Enseignements seco...

CamerBe

CamerBe

by Toto Jacques6 min read
Nalova Lyonga au collège De La Salle : que s'est-il passé ?

Une semaine après le décès d'Ozanne Moukoko, Nalova Lyonga s'est rendue au collège De La Salle à Douala. L'enquête continue.

La ministre des Enseignements secondaires a parcouru les lieux où est passée Ozanne, avant de se rendre chez la famille à Bessengue.

Douala, vendredi 25 septembre 2026. Pauline Nalova Lyonga, ministre des Enseignements secondaires, est arrivée au collège De La Salle en début de matinée. Elle est accompagnée du secrétaire général du MINESEC, Pr Fabien Nkot, et de la déléguée régionale pour le Littoral, Thamar Eboa. Ozanne Moukoko Essoe, élève de 5e A, est morte le 18 septembre après avoir été retrouvée inconsciente dans les toilettes de l'établissement. Une semaine plus tard, les circonstances exactes du drame ne sont toujours pas établies.

La visite de la ministre intervient après celle du gouverneur du Littoral, Samuel Dieudonné Ivaha Diboua, le 22 septembre. Les deux responsables ont promis que toute la lumière serait faite.

Mais sur place, les parents d'élèves attendent toujours des réponses.

Une visite au cœur du collège De La Salle

Il est un peu plus de 9 h ce vendredi 25 septembre. La ministre franchit le portail du collège De La Salle, dans le quartier Akwa. Elle ne s'arrête pas au bureau du directeur. Elle demande à voir les lieux.

Accompagnée du secrétaire général du MINESEC, Pr Fabien Nkot, et de la déléguée régionale Thamar Eboa, Pauline Nalova Lyonga parcourt le chemin qu'a emprunté Ozanne Moukoko Essoe le 18 septembre. Les toilettes, d'abord. Puis les couloirs. Les salles de classe.

Selon le programme annoncé de cette visite, la ministre doit également s'entretenir avec des élèves de l'établissement. À l'écart des médias. Selon plusieurs sources concordantes, ces échanges ont bien eu lieu. Le contenu n'en a pas été rendu public.

Bessengue : la ministre chez la famille d'Ozanne

Après le collège, Pauline Nalova Lyonga s'est rendue au domicile de la famille Moukoko, à Bessengue. Le quartier avait déjà reçu la visite du gouverneur Ivaha Diboua le 22 septembre.

Selon les informations disponibles, la ministre devait présenter ses condoléances à Henri Moukoko, le père d'Ozanne. Ce dernier réclame une enquête indépendante et transparente. Il affirme que sa fille aurait été victime d'une agression sexuelle avant son décès une hypothèse que l'enquête doit encore confirmer ou infirmer.

Cameroon Tribune rapportait le 21 septembre, citant un proche du père, que du liquide séminal aurait été retrouvé sur le corps de la collégienne lors de l'examen médical. Cette information n'a pas été confirmée officiellement à ce jour. L'hôpital Laquintinie, où Ozanne a été transportée, n'a pas communiqué sur ce point.

Deux versions, une seule vérité à établir

Le drame du 18 septembre a donné lieu à deux récits distincts.

D'un côté, la famille Moukoko parle d'agression sexuelle. Elle évoque des marques d'intrusion violente et la présence de liquide séminal. Elle demande que les responsabilités soient établies, y compris au sein de l'établissement.

De l'autre, l'administration du collège De La Salle évoque un malaise lié à l'asthme. Selon cette version, Ozanne se serait rendue aux toilettes en milieu d'après-midi. Elle y aurait été retrouvée inconsciente. Transportée à l'hôpital Laquintinie, elle y est décédée quelques heures plus tard.

Le gouverneur Ivaha Diboua a reconnu le 22 septembre que les versions « divergent par endroits ». Il a appelé à la prudence, précisant que des officiers de police judiciaire avaient été saisis.

Une question revient dans les couloirs du collège : comment une élève de 11 ans peut-elle mourir dans les toilettes d'un établissement scolaire sans que personne ne s'en aperçoive à temps ?

Une communauté éducative sous tension

Depuis le drame, les parents d'élèves du collège De La Salle ne décolèrent pas.

Le lundi 21 septembre, plusieurs dizaines d'entre eux se sont rassemblés devant l'établissement. Ils réclamaient des explications. Ils dénonçaient le mutisme de l'administration. Certains ont évoqué la peur que leurs propres enfants courent un danger dans l'enceinte de l'école.

Anne Féconde Noah, vice-présidente du PCRN, a publiquement demandé que « toute l'administration du Collège de La Salle soit placée en garde à vue, pour besoin d'enquête ». Une position radicale, qui traduit la défiance d'une partie de l'opinion.

La visite de la ministre Nalova Lyonga n'a pas suffi à apaiser les esprits. Selon nos informations, des parents ont continué à exprimer leur mécontentement après son départ. 

Ce que cette affaire dit de l'école camerounaise

Le drame d'Ozanne Moukoko n'est pas un cas isolé. En janvier 2025, une élève de 12 ans avait déjà été retrouvée morte dans des circonstances similaires à Douala. En 2024, plusieurs cas de violences sexuelles en milieu scolaire avaient défrayé la chronique.

Le Cameroun dispose d'un cadre juridique pour protéger les enfants. La loi n° 2016/007 du 12 juillet 2016 portant Code pénal réprime les violences sexuelles. Le décret n° 2018/6233 du 20 juillet 2018 fixe les modalités de protection des élèves. Mais entre les textes et la réalité du terrain, le fossé reste grand.

La question n'est pas seulement de savoir ce qui est arrivé à Ozanne. Elle est aussi de savoir comment un tel drame a pu se produire dans un établissement qui accueille des centaines d'enfants chaque jour.

Combien de surveillants pour combien d'élèves ? Quels protocoles en cas d'urgence ? Qui contrôle les allées et venues dans les sanitaires ?

Ces questions, les parents les posent depuis une semaine. Les réponses, elles, se font attendre.

L'enquête ouverte par le parquet de Douala se poursuit. Les officiers de police judiciaire ont auditionné plusieurs personnes, selon des sources proches du dossier. 

La ministre Nalova Lyonga a quitté le collège De La Salle en fin de matinée. Elle s'est rendue à Bessengue. Elle n'a pas fait de déclaration publique à l'issue de sa visite. Le MINESEC n'avait pas publié de communiqué au moment de la rédaction de cet article.

L'autopsie du corps d'Ozanne devrait permettre de déterminer les causes exactes du décès. Aucune date n'a été communiquée pour la publication des résultats.

Ce que l'on sait, c'est qu'une petite fille de 11 ans est morte dans son école. Et que sa famille attend toujours la vérité.


Que s'est-il passé au Collège De La Salle à Douala ?
Ozanne Moukoko Essoe, élève de 5e A, a été retrouvée inconsciente dans les toilettes de l'établissement le 18 septembre 2026. Transportée à l'hôpital Laquintinie, elle y est décédée quelques heures plus tard. Les circonstances exactes de sa mort ne sont pas encore établies.

Pourquoi Nalova Lyonga s'est-elle rendue au Collège De La Salle ?
La ministre des Enseignements secondaires s'est rendue au collège De La Salle le 25 septembre 2026 pour s'informer sur les circonstances du décès d'Ozanne Moukoko. Elle a parcouru les lieux où est passée l'élève et s'est entretenue avec des élèves. Elle s'est ensuite rendue chez la famille de la victime à Bessengue.

Ozanne Moukoko a-t-elle été violée ?
Le père d'Ozanne affirme que sa fille aurait été victime d'une agression sexuelle. Le Cameroon Tribune a rapporté, citant un proche de la famille, que du liquide séminal aurait été retrouvé sur le corps. L'administration du collège évoque de son côté un malaise lié à l'asthme. L'enquête en cours doit permettre d'établir la vérité.

Où en est l'enquête sur la mort d'Ozanne ?
Une enquête a été ouverte par les officiers de police judiciaire. Le gouverneur du Littoral a confirmé que des investigations sont en cours. Les conclusions n'ont pas encore été rendues publiques. L'autopsie devrait déterminer les causes exactes du décès.

Toto Jacques

Written by

Toto Jacques

From CamerBe

The weekly digest

One email each week — the stories worth your time, nothing else.

We respect your privacy. Unsubscribe at any time.

Discussion

Comments are coming soon. Sign in will be required to join the conversation once discussions launch.

Related reading