MRC : Djolako se retire et rallie Tiriane Noah, soutenue par Mota, face à Binyam le 17 octobre

La course à la succession de Maurice Kamto se resserre au Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC). Trois listes avaient été déposées le 16 septembre au siège du parti à Yaoundé. Il n’en reste plus que deux après le retrait de Brice Ronnic Djolako, annoncé mercredi 23…

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MRC : Djolako se retire et rallie Tiriane Noah, soutenue par Mota, face à Binyam le 17 octobre

La course à la succession de Maurice Kamto se resserre au Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC). Trois listes avaient été déposées le 16 septembre au siège du parti à Yaoundé. Il n’en reste plus que deux après le retrait de Brice Ronnic Djolako, annoncé mercredi 23 septembre. Le candidat a également appelé les délégués à voter pour Tiriane Balbine Nadège Noah, qui assure l’intérim à la tête du parti depuis la démission de Maurice Kamto le 8 septembre. 

« J’annonce le retrait de ma candidature (...) et j’appelle à voter pour la candidate Tiriane Balbine Nadège Noah », a écrit Djolako sur Facebook. Il était entré en lice avec Janvier Tamesse comme premier vice-président et François Ayissi au secrétariat général. Son retrait laisse face à face, sous réserve de la validation définitive des listes par la commission électorale interne, Tiriane Noah et Pierre Emmanuel Binyam. Le MRC avait précisé, après le dépôt des candidatures, que celles-ci devaient encore être examinées avant la publication des listes définitives. 

Tiriane Noah se présente avec Me Emmanuel Simh comme premier vice-président et Christopher Mveh Ndong au secrétariat général. Pierre Emmanuel Binyam a choisi le Dr Jean-Pierre Doualare Boutché comme premier vice-président et Célin Kamche Wappi comme secrétaire général. La convention nationale extraordinaire est prévue le 17 octobre à Yaoundé. 

Mota et Djolako se rangent derrière Noah

Le ralliement de Djolako intervient deux jours après celui de Mamadou Yacouba Mota. L’ancien premier vice-président du MRC, qui avait quitté ses fonctions le 8 septembre en même temps que Maurice Kamto, a appelé le 21 septembre à voter pour Tiriane Noah, qu’il a présentée comme « l’incarnation de l’audace de paix ». Il s’agit des deux soutiens publics les plus explicites enregistrés depuis le dépôt des candidatures. 

Maurice Kamto, lui, n’a publiquement donné aucune consigne de vote depuis sa démission. Des militants interrogés par SBBC estiment néanmoins que Tiriane Noah bénéficie auprès d’une partie de la base de son positionnement dans la continuité de l’ancienne direction. « Maurice Kamto n’a jamais dit qui il choisirait. Ce sont les militants qui connaissent comment le parti fonctionne, qui connaissent les idéaux qu’il défend, qui poussent pour que Tiriane soit présidente », explique l’un d’eux.

Ces témoignages renseignent sur le climat interne, mais ne permettent pas de mesurer le vote des délégués. Aucun décompte des soutiens par fédération n’a été rendu public dans les informations disponibles sur la convention.

Le dossier Eto’o s’invite dans la campagne de Binyam

Pour Pierre Emmanuel Binyam, l’un des sujets qui alimentent les discussions internes est sa position passée à l’égard de Samuel Eto’o. Binyam avait reconnu publiquement, en janvier 2024, avoir été « l’un de ses plus gros supporters » avant la candidature de l’ancien footballeur à la présidence de la Fecafoot, tout en critiquant ensuite certains aspects de sa gestion. En décembre 2024, il saluait encore son « courage » face à l’exécutif. Ces prises de position sont antérieures à l’engagement de Samuel Eto’o dans la campagne présidentielle de Paul Biya en 2025. 

Les documents officiels du RDPC montrent en effet que Samuel Eto’o figurait en septembre 2025 parmi les vice-présidents de la commission communale de campagne du candidat Paul Biya à Ngambè, dans le Littoral. 

Le sujet a ressurgi le 18 septembre 2026 après les accusations de Salomon Beas, ancien militant du MRC, qui affirme que des réunions du parti avaient servi à préparer une campagne contre le président de la Fecafoot. Samuel Eto’o a relayé ces accusations et conclu que « les Camerounais méritent mieux ». Ces affirmations de Salomon Beas ne sont pas établies indépendamment. 

Binyam les a contestées. « Samuel Eto’o n’a jamais été un sujet de débat dans une réunion du Directoire national du MRC », a-t-il écrit. Il a toutefois indiqué que certains membres du Directoire avaient, à titre personnel, tenu des « propos désobligeants » à l’égard d’Eto’o, en précisant que ces prises de position n’engageaient pas l’instance dirigeante du parti. 

Cette réponse a suscité des critiques chez certains militants interrogés par SBBC. L’un d’eux estime que Binyam a commis une « catastrophe communicationnelle ». Me Emmanuel Simh, colistier de Tiriane Noah, a de son côté défendu une lecture différente de l’affaire.

La liste Binyam avait déjà été remaniée quelques jours après son dépôt. Mbida Ndoumbe, initialement candidat à la deuxième vice-présidence, a été remplacé par Emmanuel Likenye Monyoko, secrétaire régional du MRC dans le Sud-Ouest, après la diffusion d’un enregistrement dans lequel Mbida évoquait une saisine du ministre de l’Administration territoriale pour contester une assemblée du parti. 

Sollicité par SBBC, Pierre Emmanuel Binyam n’a pas souhaité réagir. Kouatte Elokan, qui figure également sur sa liste, n’a pas donné suite.

Le contentieux de 2025 toujours pendant sur le fond

La convention du 17 octobre se prépare sur fond de désaccord persistant entre le MRC et le ministère de l’Administration territoriale. Dans une correspondance du 19 août 2026, le MINAT a indiqué ne pas prendre acte des travaux de la convention extraordinaire du 21 décembre 2025, organisée par visioconférence et qui avait reconduit Maurice Kamto à la présidence. Le MRC conteste cette position et soutient avoir respecté ses textes et les formalités requises. 

Un premier volet judiciaire a connu une issue le 17 septembre. Saisi par Willy Mengue, Georgette Laure Kamegne, dite Laure Noutchang, et Sébastien Mbala Wouria II, qui demandaient notamment la désignation d’un mandataire judiciaire ad hoc au MRC, le Tribunal de première instance de Yaoundé-Ekounou s’est déclaré incompétent ratione materiae. Cette ordonnance met fin à cette procédure de référé, mais ne tranche pas sur le fond les contestations relatives à la direction et au fonctionnement du parti. 

La prochaine direction devra parallèlement préparer le retour du MRC aux élections législatives et municipales, après le boycott de 2020. Sur ce point, il faut distinguer les échéances de mandat des dates de scrutin : la loi du 25 mars 2026 proroge le mandat des députés jusqu’au 20 décembre 2026, tandis que le décret du 4 mai proroge celui des conseillers municipaux jusqu’au 28 février 2027. Ces deux textes ne fixent pas, à eux seuls, la date des élections.

Ludovic Amara

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