Maurice Kamto : « Je ne connais pas de mercenaires qui aient fait changer en mieux la vie des hommes »
Dans une tribune publiée alors que le Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC) traverse une crise interne, Maurice Kamto met en garde contre les « mercenaires », terme qu’il emploie pour désigner ceux qui, selon lui, agissent sans conviction et uniquement en fonction…
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Dans une tribune publiée alors que le Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC) traverse une crise interne, Maurice Kamto met en garde contre les « mercenaires », terme qu’il emploie pour désigner ceux qui, selon lui, agissent sans conviction et uniquement en fonction d’intérêts personnels.
L’ancien président du MRC, qui a récemment démissionné de la tête du parti en même temps que son premier vice-président Mamadou Mota, oppose dans ce texte l’engagement fondé sur des convictions à l’action motivée par l’argent ou la recherche d’une réputation.
« Les mercenaires peuvent gagner quelques batailles, jamais la guerre. Il leur manquera toujours le ressort idéologique, la flamme de l’idéal. Ils ne se battent que pour l’or/l’argent et une réputation usurpée dans la malfaisance et le sang des innocents », écrit Maurice Kamto.
L’universitaire prolonge cette critique en établissant un parallèle entre le champ militaire et la vie politique. « Je ne connais pas de mercenaires qui aient fait changer en mieux la vie des hommes, ou contribué à l’avancement de l’histoire d’une société, encore moins de l’humanité. Il en est ainsi dans le contexte militaire comme dans le monde politique », affirme-t-il.
À l’inverse, Maurice Kamto présente l’engagement citoyen comme devant reposer sur des principes dépassant les intérêts individuels. « Les citoyens conscients, soldats ou civils, luttent pour des idées fondamentales qui conditionnent l’existence de chaque personne, la vie en société et la survie collective en tant que nation ; en l’occurrence la liberté, la dignité, la justice, la fraternité humaine et l’idéal patriotique », poursuit-il.
Il appelle ainsi ses lecteurs à distinguer les acteurs animés par des convictions de ceux qu’il accuse de poursuivre des intérêts particuliers. « Il faut savoir cerner les acteurs pour éventrer les supercheries », écrit-il.
La tribune intervient dans un contexte de fortes tensions au sein du MRC. Plusieurs militants avaient récemment contesté la légitimité de Maurice Kamto à la tête du parti et demandé la désignation d’un mandataire judiciaire.
Joseph Thierry Okala Ebode, Willy Mengue, Laure Noutchang et Mbala Wouria II ont ensuite été exclus du parti, dont les instances les ont accusés de « trahison » et soupçonnés d’entretenir des liens avec le pouvoir.
Dans sa tribune, Maurice Kamto ne désigne toutefois nommément aucun de ces anciens militants comme faisant partie des « mercenaires » qu’il dénonce. Le rapprochement avec la crise interne du MRC relève donc du contexte politique dans lequel le texte est publié, et non d’une accusation explicite formulée par l’ancien président du parti.
Thierry Christophe Yamb
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