Laa’ Binam : un pont entre nos racines et notre avenir

Dans un monde marqué par la mondialisation, où la famille et la communauté ne se définissent plus nécessairement par la proximité géographique, disposer de repè...

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Laa’ Binam : un pont entre nos racines et notre avenir

Dans un monde marqué par la mondialisation, où la famille et la communauté ne se définissent plus nécessairement par la proximité géographique, disposer de repères qui nous enseignent qui nous sommes, d’où nous venons et pourquoi nous faisons les choses comme nous les faisons est devenu essentiel. Pour les peuples dont l’histoire et la culture se transmettent principalement par la tradition orale, cette nécessité est encore plus grande.

Laa’ Binam se distingue précisément par sa capacité à ouvrir, dans un français facile, les portes de la connaissance de l’identité, de la culture et de l’héritage des peuples des Grassfields du Cameroun. Il arrive à un moment particulièrement important de notre histoire collective.

De plus en plus d’enfants nés et grandis dans la diaspora cherchent à comprendre ce qui fait la singularité de leur identité bamiléké. Ils veulent connaître leurs villages, leurs chefferies, leurs traditions, leurs rites, leurs symboles et les histoires qui ont façonné leurs ancêtres. Dans le même temps, de nombreux parents, éloignés de leurs terres d’origine, ne disposent pas toujours des connaissances ou des ressources nécessaires pour répondre à ces questions et transmettre cet héritage à leurs enfants.

C’est ainsi que se creuse progressivement une fracture entre les générations anciennes, présentes et futures.

Une voix s’est récemment élevée au sein de la communauté bamiléké pour souligner que notre génération actuelle de parents est peut-être à la fois la plus dangereuse et la plus prometteuse. Dangereuse, parce que si elle échoue dans sa mission de transmettre des connaissances et des traditions millénaires, elle pourrait être celle par laquelle une partie de notre héritage commun disparaîtrait. Prometteuse, parce qu’elle dispose, plus que beaucoup de générations précédentes, d’immenses ressources humaines, technologiques et matérielles pour documenter, préserver, valoriser et redynamiser cet héritage au Cameroun, en Afrique et dans le monde.

S’inscrivant dans la suite d’autres grandes publications telles que « Les chefferies Bamiléké dans l’Enfer du Modernisme » de Sylvain Djache Nzefa, « Roi et Royaumes Bamiléké » de Haman Mana et co., « La’akam ou le Carnet d’Initiation Au Savoir-Etre et Au Savoir Vivre Bamiléké » de Léon Kamga, Histoire et Anthropologie du Peuple Bamiléké de Dieudonné Toukam, Laa’ Binam s’affirme comme la pièce manquante du grand puzzle pour cerner tous les aspects du peuple du soleil couchant.

À travers l’exploration du peuple bamiléké, de son histoire ancienne et récente, l’ouvrage construit un pont entre le passé, le présent et l’avenir. Il nous rappelle une vérité simple : pour savoir où nous allons, nous devons savoir d’où nous venons.

L’auteur nous invite ainsi à découvrir la richesse et la beauté de notre patrimoine : les rites, les traditions, les dynasties, les royaumes et la cartographie des différents villages. Au-delà d’un simple ouvrage de connaissance, Laa’ Binam constitue un véritable travail de mémoire et de préservation historique. Il contribue à mettre par écrit ce qui, pendant des générations, s’est transmis de bouche à oreille, au risque parfois de se perdre.

Mais un livre ne peut préserver un héritage à lui seul. Il faut le lire, le comprendre, le discuter et surtout le transmettre.

À nous, parents, éducateurs, intellectuels et membres de la diaspora, de faire de cet ouvrage un outil de transmission. À nous de donner à nos enfants les clés pour comprendre leurs racines sans leur imposer de choisir entre leur identité d’ici et celle de leurs ancêtres.

Car un peuple ne disparaît pas seulement lorsque ses terres sont abandonnées. Il commence à disparaître lorsque ses enfants ne savent plus nommer leurs racines, raconter leur histoire et comprendre la signification de leur héritage.

Laa’ Binam nous offre une porte. À nous de l’ouvrir, d’y entrer et d’y inviter les générations qui viennent.

Laa’ Binam :

Des Tragédies à la Renaissance

Histoire, culture et traditions du peuple Bamiléké

Auteur : Felix Pene

Les Editions du Schabel Canada

Date de parution : Aout 2026

Tamah-cun Kamlem

Washington DC, le 13 septembre 2026

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