Fraude pétrolière : au moins 47 308 litres de carburants saisis ou immobilisés depuis fin juillet au Cameroun
Le ministère de l’Eau et de l’Énergie (MINEE) a saisi 4 200 litres de gasoil transportés dans un camion sur l’axe de Sangmélima, dans le sud du pays, au cours d’une opération menée les 12 et 13 septembre 2026. Cette nouvelle interception porte à au moins 47 308 litres le volume…
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Le ministère de l’Eau et de l’Énergie (MINEE) a saisi 4 200 litres de gasoil transportés dans un camion sur l’axe de Sangmélima, dans le sud du pays, au cours d’une opération menée les 12 et 13 septembre 2026. Cette nouvelle interception porte à au moins 47 308 litres le volume cumulé de produits pétroliers saisis ou immobilisés dans six opérations rendues publiques par le ministère depuis le 29 juillet, selon un décompte effectué à partir de ses communiqués.
Dans le cas de Sangmélima, le MINEE indique que l’intervention a été déclenchée sur renseignement. Les équipes chargées du contrôle ont suivi le véhicule avant de découvrir les 4 200 litres de gasoil dans l’un de ses compartiments. Le ministère ne précise toutefois ni l’origine du carburant, ni sa destination, ni l’identité du transporteur. Il ne communique pas non plus sur d’éventuelles interpellations ou sur la valeur financière de la cargaison.
Cette saisie intervient immédiatement après une autre opération conduite du 9 au 11 septembre à Yaoundé et dans plusieurs localités environnantes, notamment Olembé, Nkometou, Mfou, Sombo et Monti. Elle avait permis de saisir 1 075 litres de produits pétroliers. Les contrôles avaient également porté sur les stations-service, notamment sur le respect de la circulaire du 21 mars 2023 encadrant la vente de carburant dans des récipients de grande capacité.
Depuis la fin juillet, les communiqués du MINEE font apparaître une succession d’opérations. Le 29 juillet, un camion-citerne chargé de 36 000 litres de gasoil a été intercepté à Boumnyebel après la découverte de scellés de sécurité brisés. Selon les premiers éléments alors communiqués par le ministère, le produit était du gasoil défiscalisé destiné à l’exportation et les responsables du transport étaient soupçonnés de vouloir détourner une partie de la cargaison vers le marché intérieur informel. À elle seule, cette opération concentre environ 76 % des 47 308 litres recensés depuis cette date.
Le ministère a ensuite annoncé la saisie de 928 litres de gasoil à Yaoundé et Awae dans la nuit du 13 au 14 août, puis de 2 440 litres de gasoil au cours d’une mission menée du 19 au 21 août dans le Littoral. Une autre opération à Melong et dans ses environs s’est soldée par la saisie de 2 665 litres de produits pétroliers, dont 345 litres de super, selon le bilan publié le 28 août.
Ces chiffres ne constituent pas un bilan national exhaustif : ils correspondent uniquement aux opérations pour lesquelles le MINEE a publié des volumes précis depuis le 29 juillet. Ils montrent néanmoins que les contrôles portent aussi bien sur les petits dépôts et points de vente informels que sur le transport routier de cargaisons de plusieurs dizaines de milliers de litres.
La question de la fraude prend une dimension financière particulière dans un marché où les prix à la pompe restent administrés. En septembre 2026, le prix du gasoil reste fixé à 828 FCFA le litre à Douala, tandis que la structure des prix de la Caisse de stabilisation des prix des hydrocarbures fait ressortir un coût d’importation de 860,10 FCFA par litre et une ligne « soutien/remboursement État » de 315,47 FCFA par litre.
Il n’est cependant pas possible de déduire de ces montants une perte budgétaire correspondant aux 4 200 litres interceptés à Sangmélima : le MINEE ne précise pas l’origine de cette cargaison ni si elle avait bénéficié du mécanisme de stabilisation. Cette information serait nécessaire pour mesurer l’impact financier réel du détournement présumé sur l’État ou sur les opérateurs du circuit réglementé.
Le transport, le stockage, la distribution et la revente des produits pétroliers sont notamment encadrés par le décret du 13 novembre 2000 sur les activités du secteur pétrolier aval. Le MINEE indique poursuivre la surveillance des axes routiers et des circuits de commercialisation, sans publier pour l’instant de bilan consolidé sur les volumes saisis en 2026, les sanctions prononcées ou les pertes financières attribuées à ces trafics.
B.E
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