Cameroun : une croissance à 3,2% en 2025 freinée par les troubles postélectoraux et la dette

© DR Selon le Baromètre économique de la CEMAC, le PIB réel du Cameroun n'a progressé que de 3,2% en 2025, le déficit courant s'est creusé à 4,2% du PIB contre 3,4% en 2024 et le déficit budgétaire à 2,2% contre 1,5%. L'inflation est retombée à 3,4% en décembre 2025, permettant…

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by Arnaud Nicolas MAWEL2 min read
Cameroun : une croissance à 3,2% en 2025 freinée par les troubles postélectoraux et la dette

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Selon le Baromètre économique de la CEMAC, le PIB réel du Cameroun n'a progressé que de 3,2% en 2025, le déficit courant s'est creusé à 4,2% du PIB contre 3,4% en 2024 et le déficit budgétaire à 2,2% contre 1,5%.

L'inflation est retombée à 3,4% en décembre 2025, permettant à la BEAC de baisser son taux directeur de 4,75% à 4,5% en juin 2026, tandis que la dette publique recule légèrement à 43,8% du PIB. L'économie camerounaise avance au ralenti. En 2025, le PIB réel n'a augmenté que de 3,2%, tiré par la consommation privée et l'investissement, révèle le Baromètre économique de la CEMAC. Une performance en deçà du potentiel, plombée par les troubles postélectoraux et les mesures de confinement qui ont fortement freiné l'activité, en particulier dans les services. Sur le front extérieur, le tableau est contrasté. Malgré une bonne performance des exportations de fèves de cacao qui profite aux ménages ruraux, les baisses continues de la production d'huile et des exportations de grumes, conjuguées à une hausse des importations, ont creusé le déficit du compte courant de 3,4% du PIB en 2024 à 4,2% en 2025. La note positive vient de l'inflation, tombée à 3,4% en décembre 2025 grâce à une politique monétaire stricte, un contrôle des prix et une inflation importée moindre. Cette décrue a permis à la Banque des États de l'Afrique Centrale (BEAC) de reprendre en juin 2026 un assouplissement progressif, en réduisant son taux directeur de 4,75% à 4,5%, renversant ainsi le resserrement introduit fin 2025 pour préserver les avoirs extérieurs nets. Côté finances publiques, la pression s'accentue. Le déficit budgétaire est passé de 1,5% du PIB en 2024 à 2,2% en 2025, en raison de la baisse des recettes pétrolières et non pétrolières liée aux troubles. Le déficit primaire non pétrolier s'est creusé à 2,6%. Les dépenses courantes sont restées élevées du fait des élections, tandis que les dépenses en capital ont reculé. Le ratio de la dette publique sur le PIB a légèrement diminué à 43,8% fin 2025 contre 44,8% un an plus tôt. Une dette jugée soutenable, mais les risques de liquidité restent élevés : les recettes d'exportation ne couvrent pas entièrement le service de la dette extérieure et les paiements d'intérêts ont atteint 1,4% du PIB. Le budget 2026 tente de corriger le tir en priorisant la croissance inclusive, avec 50 milliards FCFA affectés à un fonds pour l'autonomisation des femmes et l'emploi des jeunes. Reste que la hausse du service de la dette réduit la marge de manœuvre pour les dépenses sociales.

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