Cameroun/ CNC – 48ème session extraordinaire : Vision 4 suspendue, Boni Philippe et Fouda Abega sanctionnés
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Au terme de la session extraordinaire tenue ce mardi 29 septembre sous la conduite de son Président Joseph Chebongkeng Kalabubsu, le Conseil national de la Communication -CNC a prononcé de lourdes sanctions après l'examen de quatre affaires. La plus spectaculaire concerne le groupe l'Anecdote, et confirme la ligne dure du régulateur face à la défiance.
Tout part de la couverture médiatique de la procédure judiciaire liée à l'affaire Martinez Zogo. Le 2 juin 2026, au journal télévisé de 20h de Vision 4, un reportage réalisé par Owona Thaddée Martial est diffusé. Le Conseil estime que ce reportage véhicule des déclarations de nature à porter atteinte à la dignité de maître Félicité Esther Zeifman, avocate au Barreau du Cameroun. Saisi, le CNC avait déjà rendu une première décision le 18 août 2026, établissant la responsabilité des mis en cause. Il avait prononcé trois mois de suspension à l'encontre du journaliste et un avertissement au directeur général des médias du groupe l'Anecdote. Cette décision, selon le communiqué rendu public par le régulateur ce jour, n'a guère été appliquée. Et c'est ce non-respect qui a transformé une faute déontologique en affaire de défiance institutionnelle. Le Conseil rappelle que lors de l'audition qui avait précédé la première sanction, le directeur général des médias avait certes reconnu le caractère non déontologique du reportage querellé, mais il avait déclaré dans le même temps que son média était prêt à rediffuser les mêmes allégations contre maître Zeifman dans des conditions identiques. L'escalade s'est poursuivie le 30 août 2026. Lors de la diffusion de l'émission "Club d'élites" sur Vision 4, présentée par Boni Menyene Philippe, directeur général des médias du groupe l'Anecdote, l'autorité de l'organe en charge de la régulation des médias a été remise en cause en direct, avec cette phrase relevée par le Conseil : "...on n'a que faire du CNC". Convoqués au siège du CNC pour faire valoir leurs arguments de défense, les principaux responsables du média, après avoir sollicité et obtenu deux reports de la convocation initiale, n'ont finalement pas daigné se présenter. Le Conseil rappelle à cette occasion l'article 41 de la loi N°2015/007 du 20 avril 2015, qui dispose que les opérateurs audiovisuels sont tenus de répondre aux réquisitions de l'organe de régulation. Le Conseil considère que ces différentes attitudes constituent des actes de défiance vis-à-vis de son autorité. Après avoir établi la responsabilité de l'organe en cause, il a décidé de suspendre la chaîne privée Vision 4 pour une durée d'un mois de toute diffusion de programmes audiovisuels. La sanction est motivée par le refus de déférer à la convocation, la non-exécution de la décision du 18 août 2026, et la diffusion de propos mettant en cause son autorité dans l'émission du 30 août. Les sanctions personnelles suivent. Boni Menyene Philippe est suspendu pour un mois de l'exercice de la profession de journaliste au Cameroun, d'une part pour diffusion de propos mettant en cause l'autorité du CNC et d'autre part pour défaut de collaboration. Pour Owona Thaddée Martial, la sanction est plus lourde. Sa suspension initiale de trois mois est portée à six mois, pour refus d'application de la décision initiale et pour défiance notoire. Le deuxième dossier concerne la presse écrite, avec l'organe "l'Anecdote" et son directeur de publication. Le 18 août 2026, jour même de la première sanction, le numéro 1502 du journal publie en page 3 un article signé du même Thaddée Martial Owona, alors pourtant sous le coup d'une suspension. L'article contient des propos jugés non fondés, injurieux, offensants et insinuants à l'encontre de maître Zeifman. Le journal affiche en plus une Une au titre frontal : "conseil national de la communication à la solde des lobbies du mal". Le CNC y voit une violation du décret du 24 septembre 1992 rendant exécutoire le Code de déontologie, qui impose au journaliste le respect de la communauté nationale et de ses institutions, et une publication de déclarations non fondées et offensantes à l'encontre de l'autorité de régulation. Conséquence, Jean Claude Fouda Abega est suspendu un mois de sa fonction de directeur de publication et de l'exercice de la profession. Les deux dernières affaires se soldent sans sanction. Dans l'affaire opposant Paule Assoumou Koki, directrice générale de l'Autorité aéronautique, au journal "Le Grand Titre", la plaignante avait saisi le Conseil après une publication du 19 mars 2026 jugée attentatoire à l'image des agents de sûreté aéroportuaire. Une lettre de désistement est intervenue en cours de procédure, le Conseil a donc prononcé un non-lieu. Enfin, la plainte de maître Dongmo Armand Teadjio contre le site "Actu Cameroun", déposée le 30 juillet 2024, a été jugée irrecevable pour vice de forme et non-respect des délais de saisine. Les décisions prononcées, il reste le dei de leur application au niveau du groupe l’Anecdote.
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