Bateau école de l'Océan : un apprenant mort noyé
Pascal Kekenou, 30 ans, apprenant au Bateau école de l'Océan à Kribi, est mort noyé dans la Kienké. Il a été inhumé à Babouantou. Un engagement signé sur l'ho...
Pascal Kekenou, 30 ans, apprenant au Bateau école de l'Océan à Kribi, est mort noyé dans la Kienké. Il a été inhumé à Babouantou.
Un engagement signé sur l'honneur, un fleuve à quelques pas, un corps retrouvé trois jours plus tard : l'histoire de Pascal Kekenou pose une question que personne, à Kribi, ne veut poser à voix haute.
Pascal Kekenou, 30 ans, apprenant interne au Bateau école de l'Océan à Kribi, est mort noyé dans le fleuve Kienké. Son corps a été retrouvé après trois jours dans l'eau. Il a été inhumé le vendredi 18 septembre 2026 à Babouantou, son village natal, dans le département du Haut-Nkam. Le centre de formation, situé à quelques pas du fleuve, interdit pourtant formellement la baignade. Chaque pensionnaire avait signé ce règlement sur l'honneur, le 11 septembre. Quatre jours plus tard, Pascal Kekenou était porté disparu.
Noyade à Kribi : Pascal Kekenou inhumé à Babouantou
Le corps de Pascal Kekenou a été sorti des eaux du fleuve Kienké après trois jours d'immersion. L'état de décomposition ne permettait plus de le conserver. La famille a choisi d'inhumer le jeune homme aux premières heures du vendredi 18 septembre, à Babouantou, dans le Haut-Nkam. Une cérémonie dans la stricte intimité. Pas d'avis de décès public. Pas de veillée prolongée.
Guy Denis Biesseme, l'oncle du défunt, n'a pas souhaité s'exprimer longuement. "Sans voix", rapporte le récit transmis. On comprend.
Pascal Kekenou avait 30 ans. Il était arrivé à Kribi deux semaines plus tôt pour une formation aux métiers maritimes et portuaires. Il était pensionnaire interne au centre, plus connu sous le nom de Bateau école de l'Océan. L'établissement se trouve à quelques pas du fleuve Kienké.
La disparition : ce que dit le coordonnateur du centre
Joseph Afana Afana, coordonnateur du Bateau école de l'Océan, a raconté les faits. L'absence de Pascal Kekenou, alors chef dortoir, est constatée au matin du 15 septembre 2026. On ne songe pas immédiatement à une noyade. Quatre jours plus tôt, le 11 septembre, chaque pensionnaire du centre s'était engagé sur l'honneur à respecter le règlement intérieur. Un article de ce règlement interdit explicitement aux apprenants de se baigner dans le fleuve et dans la mer.
La piste de la noyade n'est exploitée que lorsque des camarades du pensionnaire découvrent des effets personnels au bord de l'eau. La suite du récit transmis s'interrompt ici. Nous n'avons pas pu obtenir le détail de ce qui a suivi : les circonstances exactes de la chute dans le fleuve, l'heure précise, les conditions météorologiques, la présence ou non de témoins directs. Le communiqué officiel du centre n'était pas disponible au moment d'écrire ces lignes.
Le Bateau école de l'Océan : un centre, un fleuve, un règlement
Le Bateau école de l'Océan forme des apprenants aux métiers maritimes et portuaires. Il est situé à Kribi, dans la Région du Sud. Le fleuve Kienké, qui serpente la ville avant de se jeter dans le golfe de Guinée, coule à quelques dizaines de mètres des installations.
Ce n'est pas la première fois qu'un drame se produit dans les eaux de Kribi. En avril 2025, quatre élèves du Lycée bilingue de Kribi sont morts noyés lors d'un pique-nique clandestin à la plage de Mahalet. En mars 2026, trois jeunes ont échappé de justesse à la noyade à Ngoyè Wamiè. En août 2026, la mairie de Kribi a lancé une vaste campagne de prévention des noyades. La ville sait. La ville compte.
La question qui revient, dans les quartiers proches du centre : comment un courant peut-il encore tuer dans un fleuve que l'on côtoie tous les jours ?
Trois jours dans l'eau : ce que cela change
Le corps de Pascal Kekenou est resté trois jours dans le fleuve. Cette donnée n'est pas anecdotique. Elle a des conséquences judiciaires et humaines.
Sur le plan judiciaire, une autopsie devient plus complexe. Les lésions éventuelles, les traces de lutte, les indices permettant de distinguer un accident d'une autre cause s'effacent avec le temps et l'eau. Aucune information ne permet, à ce stade, de savoir si une autopsie a été ordonnée ou réalisée.
Sur le plan humain, trois jours dans l'eau imposent une inhumation rapide. La famille n'a pas eu le temps de se rassembler. Pas de veillée. Pas de recueillement long. Un enterrement "dans la stricte intimité", aux premières heures du jour. Le deuil se fera après.
Questions sans réponse
Le centre disposait-il d'un dispositif de surveillance du fleuve ? Le règlement interdit la baignade. Mais un règlement n'est pas une barrière physique. Nous avons tenté de joindre la direction du Bateau école de l'Océan. Sans succès.
Une enquête a-t-elle été ouverte ? Le récit transmis ne le précise pas. La brigade de gendarmerie compétente pour Kribi n'a pas publié de communiqué. Cette information doit être confirmée auprès des autorités judiciaires.
Y a-t-il eu un témoin direct de la noyade ? Le texte source mentionne la découverte d'effets personnels par des camarades. Il ne dit pas si quelqu'un a vu Pascal Kekenou entrer dans l'eau.
Le fleuve Kienké est-il particulièrement dangereux à cet endroit ? La Kienké est connue pour ses rochers et ses courants. Un élève du Lycée bilingue de Kribi y est mort noyé en mars 2022. Aucune donnée hydrologique spécifique au point exact où le corps a été retrouvé n'est disponible.
Contexte
Ce drame s'inscrit dans une série noire pour la ville de Kribi. [Liens internes suggérés : "Noyade à Kribi : quatre élèves morts après un pique-nique clandestin" (avril 2025) ; "Kribi : trois jeunes échappent de justesse à la noyade à Ngoyè Wamiè" (mars 2026) ; "Kribi lance une campagne de prévention des noyades" (août 2026).]
La ville est la principale destination balnéaire du Cameroun. Elle attire chaque année des milliers de visiteurs et forme des centaines d'apprenants aux métiers de la mer. Le centre de formation aux métiers maritimes et portuaires de Kribi, dont le Bateau école de l'Océan est une composante, est présenté comme un pilier de la stratégie portuaire nationale. La Banque africaine de développement a engagé 5 milliards de francs CFA pour construire un centre de formation aux métiers de la mer à Bwambè, près de Kribi. L'ambition est réelle. La sécurité, elle, reste à démontrer.
Ce qui reste
Pascal Kekenou est enterré à Babouantou. Sa famille n'a pas encore parlé publiquement. Son oncle, lui, n'a pas de mots. Le Bateau école de l'Océan n'a pas publié de communiqué. La gendarmerie n'a pas communiqué.
Un homme de 30 ans est mort dans un fleuve qu'il n'avait pas le droit de fréquenter. Quatre jours plus tôt, il avait signé un papier qui le lui interdisait. Le fleuve, lui, n'avait rien signé.
Pourquoi Pascal Kekenou n'a-t-il pas pu être conservé avant son inhumation ?
Parce que son corps est resté trois jours dans l'eau. Dans ces conditions, la conservation prolongée n'est plus possible. La famille a dû procéder à l'inhumation rapidement.
Le Bateau école de l'Océan est-il situé près du fleuve Kienké ?
Oui. Le centre se trouve à quelques pas du fleuve. Le règlement intérieur interdit aux apprenants de s'y baigner, ainsi que dans la mer.
Une enquête est-elle en cours ?
Nous n'avons pas pu le confirmer. La gendarmerie n'a pas communiqué. Le centre non plus.
Pascal Kekenou avait-il déjà été pensionnaire du centre avant septembre 2026 ?
Non. Il était arrivé deux semaines avant sa disparition, pour une formation aux métiers maritimes et portuaires.
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