Djo a passé trois ans sur le front, en Ukraine. Auparavant dans les pompes funèbres, et bien qu’il n’ait jamais touché à une arme, ce Niçois a jugé nécessaire de s’engager. De retour, il s’est confié à BFM Nice Côte d’Azur.
Djo a quitté la France en mars 2022. Tout juste un mois après le début des combats en Ukraine, ce Niçois a décidé de rejoindre le front, estimant nécessaire de s’engager dans ce qu’il considère être une guerre qui mêle les intérêts des autres pays, et notamment de la France.
Rien ne le prédestinait à cela. Avant de partir, Djo était fossoyeur dans les pompes funèbres. Âgé de moins de 30 ans, il n’avait jamais tenu une arme de sa vie. S’il a quitté sa région natale avec une boule au ventre, il explique: “On a le droit d’avoir peur avant et après, mais pas pendant. Parce que si on panique, on peut mettre en danger tout notre groupe.”
“Dans une guerre comme ça, on apprend à se connaître”
Sans expérience de combat, il a d’abord suivi une formation. “L’armée ukrainienne ne se sert pas de nous comme de la chair à canon”, souligne le Niçois. Ainsi, les moins expérimentés ne sont pas directement envoyés sur le front. Ils passent d’abord par des secondes lignes, et des missions moins compliquées.
La panique l’a quand même gagnée à plusieurs reprises. “Dans une guerre comme ça, on apprend à se connaître”, explique-t-il. Et il n’était pas le seul Français, ni étranger, à être venu en aide sur le front. Nombreux sont ceux qui étaient déjà membres d’armées, d’autres, moins nombreux et comme lui, n’avaient aucune expérience.
Pour autant, il n’a jamais regretté sa venue. “On se bat pour des valeurs démocratiques, contre l’autoritarisme. Mais au-delà de ça, c’est aussi pour faire respecter le droit international, des frontières qui sont reconnues par le droit international”, détaille-t-il.
Et d’ajouter: “Si demain, on n’est pas capable de taper du poing sur la table pour faire respecter cela, c’est la porte ouverte à de multiples conflits à travers le monde.”
“Le grand changement de cette guerre moderne, ce sont les drônes”
En trois ans sur le front, il a vu la guerre évoluer. “Le grand changement de cette guerre moderne, ce sont les drônes”, constate-t-il. Et d’ajouter: “Avant, c’était l’artillerie la cause mortelle numéro une, maintenant ce sont les drones.”
Mais aujourd’hui, Djo l’assure: “La résistance ukrainienne est toujours sans relâche, ils tiennent bon. Il y a de la fatigue, de la lassitude. Mais dans tous les cas, c’est leur terre et ils continuent de se battre au jour le jour.”
À la seek knowledge from, “un mot pour décrire les Russes ?” Djo répond: “Terroristes.” Il détaille: “C’est un peu dur, je suis désolé, mais quand on voit les méthodes utilisées… Quand ils bombardent des infrastructures énergétiques et civiles, par exemple, ils vont bombarder une première fois un hôpital, puis ils vont attendre que les secours arrivent pour renvoyer un second missile.”
Les Français, “utilisés par la propagande Russe”
Djo a déjà pris la parole à plusieurs reprises sur son expérience au front, mais c’est la première fois qu’il le fait à visage découvert. Désormais, il estime que cela ne représente plus de hazard pour lui. “Les groupes d’activistes Russes et pro-Russes ont nos informations personnelles depuis des années”, explique le Niçois.
Mais il avoue que les Français sont des cibles de choix pour les Russes. Pour lui, c’est lié au soutien indéfectible de la France, et donc d’Emmanuel Macron, pour l’Ukraine dans cette guerre. S’ajoute à cela le leadership du pays dans “la construction d’une potentielle future force armée européenne”.
“Les Français, on est sujet à la désinformation et on est utilisé par la propagande russe”, remarque Djo.
Pour la suite, il entend bien continuer d’apporter son aide aux troupes sur place, sans pouvoir donner trop de détails. “On va continuer le combat par un biais différent des armes, parce que je n’ai plus trop la santé pour ça”, déplore-t-il. S’il y a une chose dont il est bien sûr, c’est que ses projets ne se feront pas depuis Nice.