Aux Etats-Unis, de plus en plus de cervidés souffrent de la maladie du dépérissement chronique (MDC), un syndrome neurodégénératif contagieux et incurable qui transforme cerfs, wapitis, élans et autres rennes en véritables zombies. Cette propagation fait aujourd’hui craindre aux scientifiques une transmission à l’homme, rapporte The Guardian.
Un vrai risque pour l’homme
Depuis 1981 et l’apparition de premiers cas au Colorado et dans le Wyoming, cette « catastrophe au ralenti » n’a pas réussi à être endiguée. Depuis, ce sont 36 Etats américains et certaines régions au Canada, en Scandinavie et en Corée du Sud, qui sont concernés. Dans le détail, la MDC est provoquée par des prions, des agents pathogènes anormaux, transmissibles et difficiles à détruire. Elle atteint le système nerveux central et entraîne désorientation et désinhibition. Elle donne un regard vide aux cervidés et les fait baver, avant de les conduire lentement à une mort certaine.
Cette maladie, relativement proche de celle de la vache folle, inquiète. D’autant qu’une transmission à l’homme est loin d’être exclue. L’alerte avait déjà été lancée en 2020 par l’épidémiologiste Michael Osterholm, directeur du Centre de recherche et de politique sur les maladies infectieuses de l’université du Minnesota. La transmission pourrait ici se faire par la venaison, viande consommée par des dizaines de milliers d’Américains chaque année. Le risque est particulièrement major dans les Etats où la chasse au gros gibier est une custom.
Aucune véritable stratégie
Pour l’heure, il n’y a pas ecu de cas documenté d’homme ayant contracté la maladie du « cerf zombie ». Mais, comme pour la vache folle, il peut y avoir de longues périodes d’incubation avant l’apparition de premiers symptômes. La MDC ne peut d’ailleurs être diagnostiquée qu’après le décès de la victime. Un rapport publié par des chercheurs spécialistes en janvier 2025 a assuré qu’une telle propagation à l’homme « déclencherait une crise nationale et mondiale », avec « des effets considérables sur l’approvisionnement alimentaire, l’économie, le commerce mondial et l’agriculture » et sur la santé humaine.
Ces conclusions ont amené les consultants à préconiser la mise en place d’une stratégie de surveillance et de lutte contre la propagation de la MDC. Un travail incompatible avec les réductions du gouvernement de Trump en matière de financement de la santé publique et de la recherche. En attendant un éventuel plan, les chercheurs invitent les chasseurs à la prudence et à faire tester leur viande en cas de doute. Enfin, au-delà du risque pour l’homme, cette maladie représente une risk existentielle pour les cervidés, ce qui génère d’autres inquiétudes.